C’est lors de la Transvalquad que nous avons essayé pour la première fois ce MXU 400 : dans ces conditions d’altitude et sur un terrain peu varié, nous n’étions pas en mesure de vous donner plus qu’une première impression…
Mais dès le retour des Alpes, nous avons demandé à KymcoLux de nous confier une machine pour un essai longue durée, afin de vous donner des conclusions définitives et plus justes sur le quad qui devrait constituer l’essentiel des ventes de la marque en cette fin d’année.
Ceci nous a permis de tester la machine dans toutes les situations, en rando, en ballade, en parcours routier, en parcours trialisant et jusque sur des zones trial du championnat de France. Alors si vous voulez savoir vraiment ce qu’il a dans le ventre, lisez d’une seule traite le récit de ce test en vraie grandeur !
Les conditions classiques des essais, vous les connaissez : les machines nous sont livrées par les constructeurs pour une ou deux journées, ou parfois même nous nous rendons sur un terrain où les machines nous attendent, bref le temps de faire le shooting photo et de faire les mesures notre temps de roulage se limite à quelques heures et sur un lieu qui ne nous convient pas forcément.
Grâce à Kymco nous avons, cette fois-ci, bénéficié de la machine pendant trois mois, ce qui a permis de bien cerner son caractère et de ne pas se focaliser sur des petits détails auxquels on s’habitue rapidement après quelques centaines de kilomètres.
Cela nous a également permis de vérifier la fiabilité de la machine dans ces conditions difficiles, car il faut bien le dire, rien n’a été épargné au MXU, dans la limite de ce que l’on peut faire avec un quad de randonnée évidemment.
Un créneau très partagé Avec ce 400, Kymco s’attaque à un créneau devenu important du fait de la montée en cylindrée des machines vendues : c’est presque devenu la cylindrée du débutant ! Disons que la tranche 300/400 est très convoitée par les nouveaux quadeurs ou ceux qui avaient débuté il y a quelques années avec un 200cc. Il est vrai que l’on a affaire à des machines déjà plus abouties permettant d’envisager la rando sereinement quels que soient les terrains choisis. Avec ce modèle 400 4x4, Kymco se place donc dans la fourchette haute du créneau, car les 4 roues motrices et la gamme courte ouvrent la porte aux randonnées hivernales neigeuses ou boueuses. Signalons par ailleurs que cette machine est née d’une collaboration avec la marque américaine Arctic Cat ; d’ailleurs le pont avant est estampillé Arctic Cat. Pour rester sur le positionnement, mais cette fois-ci dans la marque, disons que ce 400 est largement supérieur au 300 en gabarit et en prestations, et qu’il entre presque en concurrence avec le 500 grâce à son châssis à roues indépendantes plus efficace que celui du grand frère (du moins pour l’instant puisque l’on annonce des nouveautés chez Kymco en 2009 !).
La rupture Pour sa première machine à suspensions arrières indépendantes, Kymco présente un quad d’un gabarit cohérent avec la cylindrée : suffisamment imposant pour s’adapter à toutes les situations (gabarit du pilote, transport d’un passager, charges emportées), il n’en reste pas moins limité en dimensions pour rester maniable et pouvoir se faufiler dans des zones étroites. Bref, le compromis idéal pour qui cherche un randonneur fonctionnel mais pas forcément énorme (sauf pour certains qui rêvent d’avoir la plus grosse… machine).
Le châssis à quatre roues indépendantes est constitué de doubles triangles à l’avant comme à l’arrière, suspendus par des combinés ressort-amortisseurs réglables uniquement en pré-tension. Un réglage qui, il faut bien le dire, n’est d’aucune utilité puisqu’il est nécessaire de régler d’entrée sur la position la plus dure du ressort, les suspensions étant très souples. Le bloc 366cc est refroidi par air et huile, un choix de simplicité qui ne pose pas de problèmes à l’usage.
Il est couplé à une boîte à variateur comportant une gamme courte et une gamme longue, mais on ne dispose pas de position parking : peu importe, un frein à main au guidon très pratique la remplace avantageusement. La transmission se fait par cardan uniquement, le pont avant est enclenchable électriquement par un petit bouton poussoir également au guidon. Petit regret, le pont avant est à glissement limité sans blocage de différentiel, mais dans la gamme de prix c’est tout à fait compréhensible.
Le freinage se fait classiquement par deux disques à l’avant et un disque à l’arrière, avec la commande des freins couplés au pied uniquement : ceci vous laisse un frein avant et arrière séparés à la poignée.
Confort à bord
Le noir, c’est salissant, tout le monde vous le dira, mais cela donne une belle allure au MXU 400 : le look est moderne, façon SUV, l’esthétique ayant été reprise sur les autres modèles de la marque. On retrouve les accessoires indispensables chez les randonneurs, à savoir les deux porte-bagages en tubes acier, permettant d’installer des sacs de rangement, par contre aucun vide-poches n’est disponible et les seuls petits rangements se trouvent sous la selle.
On retrouve les commodos taiwanais classiques, avec le klaxon en avant que l’on actionne souvent involontairement lors des manœuvres. Les rétroviseurs sont en revanche de bonne qualité et pas trop sensibles aux vibrations. Le compteur discret indique en gros caractère le rapport engagé et la vitesse instantanée. La position de conduite est agréable et convient à tous les gabarits, la selle est suffisamment moelleuse, surtout par rapport aux autres MXU.
Sa longueur par contre sera un peu juste pour le passager, qui de plus ne dispose pas de cale-pieds spécifiques mais peut heureusement se tenir facilement au porte-bagages arrière. De toute façon, nous verrons plus tard que le transport de passager ne peut être qu’occasionnel.
Vous avez dit 400cc ?
Le démarrage du moulin se fait dans une cacophonie rarement entendue : le démarreur a un bruit bien caractéristique entre le couinement et le meuglement, mais visiblement c’est normal puisque ça démarre parfaitement, en freinant si vous avez un rapport enclenché.
La grille de sélection n’est pas toujours très précise et demande parfois à s’y reprendre ou à remuer un peu le quad pour passer le rapport, surtout la marche arrière. Le bruit moteur par contre, est parfaitement contenu et discret, et le reste à toute vitesse ce qui est appréciable au rythme lent de la randonnée. Lors des manœuvres de départ, la direction est assez lourde, ce qui s’améliore dès que la machine est en mouvement.
Un départ qui se fait tranquillement, car même si le variateur accroche bien, on sent tout de suite que le rapport poids / puissance n’est pas favorable : 269 kg sur la balance, ce n’est déjà pas mal pour un quad de cette catégorie, mais la puissance non plus n’est pas un atout. Une explication toute simple à ce constat, le bloc 400cc est bridé à 20cv comme le stipule la législation européenne : inutile donc d’espérer des performances convenables sans débridage, au risque et péril de celui qui a fait cette opération.
Car contrairement à la majorité des machines aujourd’hui disponibles, le débridage nécessite un démontage qui ne peut pas être fait en quelques minutes.
C’est donc sur un train de sénateur que vous roulerez si vous voulez rester en règle, avec une vitesse de pointe de 80 / 85 km/h maxi mais une vitesse de croisière d’environ 60 km/h pour garder quelque chose sous le pied. A titre de comparaison, les performances pures sont identiques à celles d’un KXR 250 (vérifiées lors d’une randonnée nocturne routière). Ceci a des conséquences sur la consommation qui, du fait que vous roulez souvent à fond, se situe aux alentours de 10 litres au 100 km, ce qui est beaucoup pour une machine de cette catégorie. Idem avec un passager, ça rame pas mal dans les montées…
Heureusement qu’il y a un châssis !
Mais attention, n’allez pas croire que vous allez rouler au même train que le 250 KXR en randonnée car le châssis de ce MXU 400, c’est bien un châssis moderne à suspension indépendante avec tous les avantages que cela procure : un confort remarquable, que ce soit sur chemins roulants, creusés d’ornières ou très défoncés, les suspensions alliant fermeté sur les petits chocs et amortissement sur les plus gros obstacles. Rappelons qu’elles étaient réglées au plus ferme, ce qui est nécessaire pour conserver un bon équilibre en conduite plus sportive et limiter le sous-virage des pneus ballons. Dans les conditions normales de roulage, la direction est parfaite et la machine maniable ; le guidon haut et large facilite la conduite et permet aussi de rouler debout. Grâce à son gabarit moyen, ce MXU passe partout, même là où les gros baroudeurs ont déjà un peu de mal à cause de leurs dimensions et de leur rayon de braquage. Aucune crainte donc à avoir pour s’engager dans des randonnées techniques, on est juste handicapé par la faible puissance qui nécessite de s’arrêter pour passer en rapport court dès que l’on a besoin de plus de niac, comme pour les franchissements ou les grandes montées. En descente, on dispose d’un frein moteur efficace en gamme courte, un peu moins en gamme longue, mais de toute façon il est très facile de doser le freinage aux poignées. Comme tous les quads utilitaires, la conduite sportive n’est pas l’élément fort de ce MXU qui, utilisé à la limite, devient sous-vireur et manque un peu de largeur de voies : il ne faudra pas hésiter à se déhancher pour garder les roues au sol. Même si nous ne l’avons pas testée, ce quad permet une utilisation agricole grâce à sa fixation de boule d’attelage robuste et sa gamme courte.
Après trois mois passés à son guidon, nous avons apprécié le MXU 400 qui offre un bon compromis au niveau gabarit et qui lui permet de jouer dans la cour des grands en rando comme en franchissement. Quel dommage que le 400 ne puisse pas s’exprimer pleinement à cause d’un bridage un peu trop pointilleux ! Quant au tarif de 5 990 euros, il est conforme au marché mais ne permet pas de parler de « bonne affaire », même si les quads Kymco se revendent bien en général.
Bilan fiabilité
Les machines Kymco, en général, bénéficient d’une bonne fiabilité, même si il peut arriver d’avoir à rectifier quelques erreurs de montage les premiers mois. La machine qui nous a été prêtée avait déjà eu une révision, et n’a donc pas eu besoin d’entretien particulier pendant toute la durée de l’essai. Le bilan est plus que positif puisque qu’aucun problème technique n’est venu troubler notre période d’essai. Le seul petit point négatif concerne la qualité des plastiques utilisés pour la carrosserie : alors qu’habituellement lors d’un petit frottement contre un arbre, ceux ci se déforment pour reprendre ensuite leur position, ceux du MXU sont plus rigides et cassants. Dans un passage étroit, l’aile avant s’est fendue contre un tronc d’arbre au lieu de se déformer (voir photo). Enfin, et même s’il ne s’agit pas d’un problème de fiabilité mais bien de conception, la jauge à essence mécanique n’est d’aucune utilité car totalement fantaisiste.
NOS MESURES
Kymco MXU 400
Rayon de braquage 2,73 m
Consommation moyenne 10,1 l. / 100 km
100m DA (vitesse longue) 8,2 s
100m DA (vitesse courte) 8,6 s
Caractéristiques Kymco MXU 400
DIMENSIONS Lxlxh 2123x1102x1192mm
Hauteur de selle 81 cm
Poids à sec 279 kg
Garde au sol 260mm
Empattement 1217mm
Pneus AV/AR 24x8-12 / 24x10-12
Réservoir d'essence 16 l.
MOTEUR Type Monocylindre 4T, refroidissement air et huile
Cylindrée 366,9cc
Démarrage Electrique
Boîte de vitesses Automatique par variateur (longue, courte, neutre, marche arrière)
Entraînement Cardan
PARTIE CYCLE
Suspension AV/AR Double triangulation amort. réglables / Bras oscillant mono amort. réglable
Frein AV / AR Double disque hydraulique / Disque hydraulique
PRIX 5 990 euros
Coloris Bleu, noir, rouge, sable, vert clair
Les +
Châssis à 4 roues indépendantes
Gabarit idéal
Confort général
Efficacité en franchissement
Les –
Performances/consommation
Réalisé par : Waoo